Le réseau de radars automatiques en France
La France dispose de l'un des parcs de radars automatiques les plus développés d'Europe. Ces dispositifs de contrôle automatisé constituent un pilier central de la politique de sécurité routière française depuis leur déploiement massif au début des années 2000. Comprendre leur fonctionnement permet de mieux saisir le cadre légal qui s'y applique.
Les différents types de radars
1. Les radars fixes
Ce sont les boîtiers gris implantés de manière permanente au bord des routes. Ils mesurent la vitesse des véhicules grâce à la technologie Doppler (émission d'ondes radio) ou à des boucles électromagnétiques intégrées dans la chaussée. Lorsqu'un véhicule dépasse la vitesse autorisée, le radar déclenche automatiquement une photographie de la plaque d'immatriculation.
2. Les radars de tronçon (ou radar vitesse moyenne)
Ces dispositifs calculent la vitesse moyenne d'un véhicule entre deux points distants de plusieurs centaines de mètres à plusieurs kilomètres. Deux portiques enregistrent l'heure de passage du véhicule à l'entrée et à la sortie du tronçon, et calculent la vitesse moyenne. Ils sont particulièrement efficaces car ils découragent l'accélération après le premier portique.
3. Les radars mobiles (embarqués)
Installés dans des véhicules banalisés ou dans des fourgonnettes, ces radars peuvent circuler sur tout le réseau routier. Ils filment le trafic et mesurent la vitesse des véhicules en approche ou en fuite. L'agent de police n'a pas nécessairement besoin d'être présent à bord : certains fonctionnent de manière totalement autonome.
4. Les radars de feux rouges
Ces radars sont dédiés au contrôle du respect des feux de signalisation. Ils sont couplés à des boucles électromagnétiques dans la chaussée et prennent une photo lorsqu'un véhicule franchit la ligne d'arrêt après l'allumage du feu rouge. Certains modèles intègrent également un contrôle de la vitesse.
5. Les radars de passage à niveau
Installés aux abords des passages à niveau, ils sanctionnent les véhicules qui franchissent la ligne d'arrêt lorsque les barrières sont fermées ou en cours de fermeture.
6. Les radars chantiers
Ces dispositifs temporaires sont mis en place dans les zones de travaux pour faire respecter les vitesses réduites imposées pour la sécurité des ouvriers.
La marge technique : ce que vous devez savoir
Les radars homologués en France appliquent une marge d'erreur technique défalquée automatiquement du résultat mesuré avant toute verbalisation :
- Vitesse inférieure à 100 km/h : marge de 5 km/h
- Vitesse supérieure à 100 km/h : marge de 5 % de la vitesse mesurée
Ainsi, si un radar mesure une vitesse de 95 km/h dans une zone limitée à 90 km/h, la vitesse retenue sera de 90 km/h (95 - 5), soit exactement la limite autorisée : aucune verbalisation n'est alors déclenchée.
Homologation et vérification des radars
Pour être légalement utilisable, un radar doit être :
- Homologué par le laboratoire national de métrologie et d'essais (LNE).
- Vérifié périodiquement par les services du Pôle National des Infractions (PNI) pour s'assurer de sa précision.
- Correctement installé selon les prescriptions techniques (angle d'inclinaison, conditions d'utilisation).
En cas de doute sur la conformité d'un radar ayant généré une amende, il est possible de demander à consulter le certificat de vérification de l'appareil dans le cadre d'une procédure de contestation.
Les contrôles complémentaires
En dehors des radars automatiques, les forces de l'ordre procèdent également à des contrôles physiques incluant :
- Éthylotests et éthylomètres pour la détection d'alcool
- Tests salivaires pour la détection de drogues
- Contrôles du permis de conduire et des documents du véhicule
- Contrôles techniques du véhicule